Ces arrestations musclées des forces de l’ordre malgache

Les photos d’un étudiant trainé par terre par les éléments de la force de l’ordre ont fait la une des journaux malgaches. La vidéo de son arrestation a fait le tour du monde. Mais il n’était pas le seul à avoir subi la brutalité policière à Madagascar. Certains ont même trouvé la mort suite à ces violences. Quelques-unes des « actions » les plus médiatiques des forces de l’ordre. 


Une application à la lettre de l’ordre du Premier ministre ?  La vidéo montrant l’arrestation musclée d’un étudiant a fait le tour du monde.Une dizaine d’éléments de la gendarmerie s’est défoulé sur le manifestant. Celui-ci a été roué à coup de brodequins, brûlé avec un taser, traîné par terre comme un porc, avant d’être embarqué sous le siège d’un pickup numéro 14 de l’Emmo security. Tout cela devant les caméras de la presse.  « C’est un acte d’immobilisation normale », explique le général Florens Rakotomahanina, chef de la gendarmerie du province d’Antananarivo. La torture fait-elle partie de la pratique policière à Madagascar ? Depuis 2009, les brutalités policières font quasiment partie du quotidien des Malgaches. Voici quelques unes de ces arrestations qui ont mis l’opinion publique dans l’incompréhension totale :

  • Perquisition musclée de la voiture de Lanto Rakotomanga

Dans la nuit du 8 juin 2015, des éléments de la force de l’ordre ont intercepté à Namontana, un quartier populaire au sud d’Antananarivo, la voiture dans laquelle se trouvait la député Mapar Lanto Rakotomanga. Les policiers ont encerclé sa voiture qu’elle refusait de quitter, avant de lancer des bombes lacrymogènes. La voiture d’une marque Peugeot 508 a été fouillée manu militari.  Les vitres du véhicule ont été brisés à coup de kalachnikov. Une somme de Ariary 200 millions a été retrouvé dans le coffre de la voiture de luxe. La député et son assistante ont pu partir en toute liberté. L’affaire semble avoir été classée sans suite malgré les insistances  du ministre de la Justice qu’il y a bien eu lieu de flagrant delit.

  • Un quartier mobile « tabassé à mort » par la gendarmerie

C’est une histoire de vol de manioc qui a tourné en drame dans la ville de Mananjary le 25 mars dernier. Deux présumés voleurs ont été livré par des fokonolona à la Gendarmerie. Des émeutes se sont éclatés après. Le bilan fait état de cinq morts. Un quartier mobile a été « tabassé à mort » par la gendarmerie.

Martel Samuel Razafindra­koto, maire de la commune urbaine de Mananjary expliquait dans L’Express de Madagascar :

«Pour des raisons inexpliquées, deux gendarmes, dont l’un était en tenue civile, ont roué de coups l’un des membres du comité de vigilance, âgé d’une trentaine d’années. Les informations en ma possession, révèlent que celui-ci a été battu à coups de crosse de Kalachnikov en plein crâne, avant que les deux gendarmes ne le jettent au sol pour écraser ses parties intimes avec leurs brodequins. Le malheureux a succombé sur son lit d’hôpital 24 heures plus tard. Une marée humaine s’est alors ruée mercredi soir, vers les abords de la caserne»

La gendarmerie reconnaît ses torts dans cette affaire : « Les premiers éléments de l’enquête révèlent que les gendarmes compromis dans cette affaire ont levé la main sur le défunt. Des mesures exemplaires seront prises à leur encontre. Ils seront présentés devant le Parquet « , déclare le général Anthony Rakotoarison après avoir disculpé ses éléments la veille.

  • Mamisoa Andriantsalama succombe après son arrestation

#JesuisMamisoa disaient les activistes des réseaux sociaux pour rendre hommage à Mamisoa Andriantsalama dit Babali, président de la ligue régionale de pétanque d’Atsina­nana. Cet ancien journaliste de la RTA Tamatave a succombé à l’hôpital de Toamasina après une arrestation effectuée par les forces de l’ordre lors d‘une manifestation anti-delestage le 2 janvier 2015 dans la ville du Grand port de l’Est.

Le commandant de la circonscription régionale de la gendarmerie de Toamasina expliquait dans les colonnes de Midi Madagasikara  :

« Oui, nous avons usé la force durant l’arrestation de Mamisoa Andriantsalama dit Babali. Un geste tout à fait normal pour le cas du genre. Mais cela ne veut pas pour autant dire que cela lui a entraîné la mort. Ce n’étaient pas des coups mortels »

  • Arrestation musclée de Laza Razafiarison, candidat à la présidentielle

Laza Razafiarison, candidat à la présidentille, descendait dans la rue pour réclamer la tenue du scrutin. Il a été arrêté le mardi 23 juillet 2013 au lendemain de cette manifestation. L’homme politique a été trainé par terre par des éléments des forces de l’ordre.

  • Un magistrat torturé à mort par des policiers

La brutalité policière a défrayé la chronique. Cette fois-ci, les forces de l’ordre ont pris pour cible un magistrat. L’évènement s’est déroulé  le 9 décembre 2011 à Toliara, dans le sud de Madagascar. Mécontents d’une décision de justice d’avoir condamné l’un de leurs à cinq ans de prison ferme pour avoir loué son arme à des bandits, des éléments du commissariat de Police ont réclamé la libération de leur collègue puis s’en sont pris à Michel Rehavana, substitut du Procureur. Ce magistrat a été arrêté puis lynché à mort par des policiers.

  •  Arrestation de Manandafy Rakotonirina

Sitôt nommé par Marc Ravalomanana au poste de Premier ministre, Manandafy Rakotonirina a été arrêté dans un hôtel de luxe de la capitale, par des éléments des forces de l’ordre du régime de facto à Madagascar le 29 avril 2009. L’image de l’homme politique, traîné par le commandant Charles Andrianasoavina a fait le tour du monde. Pendant la transition, les commandants Charles Andrianasoavina et Lylison René de Roland ont fait parler d’eux. Ils sont devenus les bêtes noires des hommes politiques pro-Ravalomanana durant la Transition. Le second en particulier, resté proche du régime de transition a participé à des opérations de « sécurisation » dans le Sud. A l’époque, certaines manœuvres avaient été dénoncées par les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme.

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Une réflexion sur “Ces arrestations musclées des forces de l’ordre malgache

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